Carte postale de Singapour où je suis en voyage d’étude… et d’agrément !

Nous voici donc chez le premier de la classe! En maths du moins. En effet, depuis des années la réputation de Singapour n’est plus à faire dans un domaine qui, dans nos sociétés productives, sert souvent de baromètre pour mesurer le quotient intellectuel d’une nation. Selon de nombreuses études, dont la fameuse enquête PISA, Singapour brille au premier rang. A tel point que le «Singapore Math» concept s’est exporté dans le monde entier, à un rythme exponentiel. Prenons la France : cette année le nombre d’écoliers qui suivent la fameuse méthode est passé de 80 000 l’an passé à 120 000 à la rentrée 2018.

Pourtant, le succès de Singapour est à relativiser et de nombreux articles sur ce sujet montrent qu’il faut se garder de faire des comparaisons simplistes et d’aboutir à des conclusions sans prendre en compte des éléments qui n’ont rien à voir avec la méthode d’enseignement des maths : la valorisation du métier d’enseignant dans ce petit état où l’éducation des enfants est la priorité des familles, l’importance donnée aux matières jugées clés pour le succès : anglais, maths et sciences, des élèves survitaminés avec des potions qui incluent beaucoup de travail après l’école, des centres d’apprentissages para-scolaires, un contexte multilingue qui stimule les jeunes cerveaux, une société aux modes de vie et de pensée différents des nôtres et à l’impact certain sur les études de leurs jeunes prodiges.

(Photo: affiche dans le quartier de Braddell Heights, décembre 2017 – cj)

L’affiche que j’ai photographiée apporte aussi un éclairage intéressant. Le décor voulu par les publicistes contraste avec celui des quartiers populaires, celui des HDB (traduire HLM) et de l’école près de laquelle se trouve cette publicité. Singapour est un des pays les plus denses du monde, avec près de six millions d’habitants sur un territoire de 50 sur 25 km. Les prairies sont plutôt rares et les enfants vivent hors sol pour la plupart, avec vue sur des forêts d’immeubles. C’est pourquoi l’image du bonheur présenté là prend tout son sens : le pré, des enfants heureux car ils étudient couchés dans l’herbe, le plaisir de faire du chinois, de l’anglais et des maths, même pendant les longues vacances de fin d’année scolaire qui ont lieu en ce mois de décembre à Singapour. C’est une institution de type associatif qui fait l’annonce. Elle possède 40 centres sur l’île, mais il y en a bien d’autres organisation parfois communautaires (affiche N°2) qui contribuent aussi à « booster » les statistiques plaçant le pays sur les dernières marches du podium, grâce à des offres éducatives qui aident les élèves les plus faibles et poussent les autres à sur-performer en math notamment.

Le bonheur à Singapour est donc bien aussi dans les études, pas seulement dans le pré !

A suivre : plus d’articles sur l’éducation à Singapour, cité du futur !


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