Au jardin botanique de Singapour

 

J’ai déjà écrit sur la nouvelle génération de Singapouriens qui vivent du plus en plus éloignés du sol, de la terre, des fermes qui produisent ce qu’ils mangent au quotidien. En effet, si on regarde la carte (photo ci-dessous), les sources d’approvisionnement, les fermes et élevages qui produisent leurs repas se trouvent aux antipodes, en Australie, en Chine, au Brésil (pour le poulet et le bœuf notamment), en Europe.

Comment pourraient-ils connaître l’impact sur l’environnement de leur approvisionnement en nourriture ? A Singapour, les habitants ont des excuses. Même si on les invite à manger local, c’est mission impossible. Le territoire est loin de pouvoir fournir de quoi nourrir la population et une petite production de légumes dans les dernières poches vertes de l’île reste anecdotique pour cette population de plus de 5 millions d’habitants vivant sur un mouchoir de poche.

Le jardin botanique de Singapour a ouvert récemment un espace découverte à l’attention des enfants et le message est clair et bien présenté (voir posters ci dessous). Des serres et des échantillons de cultures en plein sol permettent aux jeunes élevés « hors-sol » de savoir à quoi ressemblent des plants de légumes qu’ils n’ont vus depuis toujours qu’en morceaux dans leur assiette. Même pour une île hyper-dépendante du reste du monde pour se nourrir, des efforts sont possibles pour réduire l’empreinte carbone de leur quotidien. A commencer par les choix que font les consommateurs, en privilégiant l’achat de produits venant des pays proches.

Au-delà de la nourriture, les bons éco-citoyens, des enfants bien éduqués et devenus décideurs, pourront arrêter la consommation exagérée et anachronique dans le monde d’aujourd’hui d’emballages plastiques en tous genres dont l’impact terrible sur les océans et la planète en général n’est plus à prouver. En ce moment, un coup de projecteur se porte sur les pailles en plastique. De plus en plus d’établissements n’en proposent plus ou offrent des alternatives en carton. Un compte du nombre de pailles consommées chaque jour à Singapour est effrayant. Un détail cependant à côté de ce que les milliers de consommateurs de la cité-état jettent au quotidien, notamment en sacs plastique. Les pailles sont l’arbre qui cache la forêt, mais c’est un début. Eduquer, éduquer… une des réponses aux crises inévitables de demain.

Les cultures de légumes au jardin pédagogique pour les enfants du jardin botanique.


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