J’ai envie de saluer la mémoire de Françoise Héritier disparue discrètement cette semaine, un événement noyé dans le tumulte de l’actualité. Ethnologue, disciple de Claude Levis Strauss, deuxième femme à entrer au Collège de France, humaniste, féministe, écrivaine qui a rencontré tard dans sa vie un certain succès avec des livres grand public*, plus accessibles que les discours universitaires sur l’anthropologie, il est impossible de résumer en une phrase plus de quatre-vingts années de vie et ce n’est pas mon propos.   Je ne l’ai découvert que récemment et c’est surtout de sa voix et de sa douceur bienveillante que je veux parler. Grâce à des émissions récentes, sur France Culture* ou par son apparition à La Grande libraire, on a pu l’entendre parler et la voir quelques jours avant son départ ce mercredi 15 novembre, le jour de son anniversaire, à 84 ans.

Les hommes et les femmes vieillissent, se rident, pas les voix. La sienne semblait tisser et faire résonner toutes les qualités que nous aimons : la douceur, l’apaisement, la sagesse, l’humour, l’humilité, la passion, la jeunesse éternelle. Pour les enfants, elle devait être la grand-mère idéale, la voix qui ramène au calme, la confidence, la diseuse d’histoires qui font du bien.

*Le Sel de la vie (Editions Odile Jacob)

*Sur France Culture: La Tête au Carré – 15 novembre 2017 ou la série d’émissions “A voix nue”:

https://www.franceculture.fr/sciences/francoise-heritier-dans-a-voix-nue

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