Pour finir 2017, voici quelques instantanés de la vie à Singapour, chacun portant une signification particulière en rapport avec notre projet de l’Academy –  Nature / Art / Education.

Planification – C’est la clé de voute de la réussite de Singapour. Une petite île, cité-état où l’espace est compté avec une densité de population parmi les plus élevées. Il fallait choisir entre l’ordre et le chaos. L’ordre a pris sa place et demeure grâce à la planification. Des décennies à l’avance, la cité imagine, prévoit, innove et programme le développement de son territoire. Singapour est le laboratoire de la ville du futur. Une utopie peut-être, la recherche de réponses : comment organiser le bonheur des hommes dans une ville verticale où croissance et technologie doivent trouver un équilibre avec la nature ?

 

Hyperconnectés – Dans le métro de Singapour, on cherche désespérément les regards de ceux qui ne sont pas plongés dans leur écran afin d’y lire peut-être un soupçon de complicité. L’envie d’être différent ? Il n’y a plus de lecteur de livres ou de journaux car chacun semble égaré dans le cyberespace ! Une publicité pour les lunettes Ray-Ban (ci-dessous) profite du phénomène pour déclarer qu’il faut du courage pour se démarquer de la foule des connectés et se regarder dans les yeux, avec des lunettes bien sûr, car les autres sont aveugles derrière leurs écrans !

 

La ville des arbres – Les Singapouriens vouent un véritable culte aux arbres. Des sommes considérables sont engagées pour les vénérer et les protéger, les tailler aussi car ils ont leur place sur le bord des autoroutes et, sans l’intervention de cohortes de jardiniers, ils envahiraient les rubans d’asphaltes qui restent tout de même les axes de communication indispensables à l’économie. Sauvé mais prisonnier du béton, c’est ce qui vient à l’esprit devant cet arbre épargné au moment de la construction de la nouvelle école des Beaux-Arts (SOTA) en plein centre-ville. Les étudiants l’aiment et l’admirent. Ils profitent de son ombre à la pause déjeuner, certains confient qu’ils y ont trouvé le repos et la sagesse dans les moments difficiles de leur parcours scolaire.

 

La ville dans la jungle – Si toutes les villes pouvaient ménager, à l’image de Singapour,  une quatrième dimension qui permet à chacun de sortir instantanément du décor urbain pour une plongée dans le vert ! Cette photo est prise dans la jungle à deux pas d’une avenue passante, on y trouve des singes, des serpents, des varans, et surtout des oiseaux avec leurs chants exotiques qui se mêlent aux crissements lancinants des insectes de la forêt tropicale. On oublie aussitôt la jungle urbaine toute proche.

 

Et au milieu coule une rivière – Un exemple des efforts faits par les Singapouriens pour redonner aux habitants la nature que la ville leur a parfois volée. Dans les années 60, on agissait vite pour parer à l’urgence : construction de grands ensembles, des tours pour sortir la population des logements insalubres de l’après-guerre, creusement de canalisations pour évacuer l’eau des pluies tropicales. Dans ce parc, un grand canal en béton évacuait le trop plein du réservoir tout proche mais il était assez laid. Au prix de travaux coûteux, il a été remplacé par une rivière qui est désormais peuplée de tortues et de poissons que l’on n’a pas le droit de pêcher bien sûr… Les enfants peuvent au moins quitter leur HLM et jouer au bord d’une rivière.

 

L’éducation à tout prix – Singapour est devenue la ville des bons élèves en quelques années seulement. Première de la classe à tous les derniers classements mondiaux, en maths, sciences et lecture, elle fait l’admiration et l’envie de l’occident. Des délégations se succèdent dans la nouvelle quête du Graal, la France y compris qui elle, a rejoint dans les mêmes classements la dernière place des pays d’Europe. Un sujet d’étonnement confirmé par cette photo prise dans une célèbre chaîne de fast-food. On demande aux élèves de laisser la place aux consommateurs pendant les heures de pointe et d’aller faire leurs devoirs ailleurs ! Ce n’est pas nouveau, tous les cafés et restaurants de ce type, transformés par les étudiants en salle d’étude jusqu’aux petites heures de la nuit, surtout en période d’examens, sont obligés de faire la chasse aux bons élèves, ce qui n’empêche pas Singapour de rester tête de classe !

 

Ode à l’enfance heureuse – Dans les jardins du parc botanique, une statue en dit long sur la nostalgie de l’enfance avant l’urbanisation qui a donné lieu à l’éducation hors-sol. « Chang Kuda » une œuvre du sculpteur Chong Fah Cheong, représente un des jeux favoris des années 50 et 60 à Singapour, à l’époque où les garçons se retrouvaient après l’école pour courir à cheval sur le dos d’un camarade, sans contraintes, guidés par leur imagination et l’esprit du jeu. Les jeux vidéos ont remplacé le « Chang Kuda », dans l’espace climatisé des appartements perchés au-dessus du sol !

 

L’éducation Hors-Sol – Dans un blog précédent, j’ai mentionné la nouvelle génération HS pour Hors-Sol, que l’on côtoie dans les grandes villes d’Asie comme Singapour. Des enfants qui descendent de moins en moins souvent sur la terre ferme, ou même si c’est le cas, ne marchent que sur des surfaces lisses et trébuchent sur la moindre racine, s’ils en rencontrent une un jour. Ce projet immobilier achevé en 2009 en est l’illustration. Le plus haut HLM de Singapour : 50 étages, des ponts ou plateforme entre les immeubles, des crèches et des cours de récréation qui touchent presque les nuages et dominent la ville. La nature a pris de la hauteur avec des arbres, des plantes et des sauterelles (voir photos) qui apprécient les jardins en altitude. Au 50ème étage, un parcours de jogging, un parc pour les enfants, un centre de fitness… plus beaucoup de raisons de descendre sur la planète !


1 Comment

francois · 26 décembre 2017 at 14 h 49 min

Très bel article merveilleusement illustré..
En espérant que cette philosophie de concilier nature, modernité, et humanité, se répande comme un exemple pas seulement en Europe, mais aussi en Asie du Sud Est….

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