Je ne résiste pas au plaisir d’envoyer aux amis lecteurs de notre blog cet extrait d’une conférence donnée à Stanford :
“La dernière conférence du cours du soir à Stanford traitait du rapport entre le corps et l’esprit, de la relation du stress et de la maladie.
 L’orateur (patron du département Psychiatrie à Stanford) a, entre autre, affirmé que l’une des meilleures choses que l’homme puisse faire pour sa santé est d’avoir une épouse alors que pour la femme, la meilleure des choses à faire pour être en bonne santé est d’entretenir ses relations avec ses amies.
 Tout l’auditoire a éclaté de rire, mais il était sérieux.
 Les femmes ont des relations différentes entre elles qui engendrent des systèmes de soutien grâce auxquels elles gèrent les différents stress et les difficultés de la vie.
 Du point de vue physique, ces bons moments “entre filles” nous aident à produire plus de sérotonine – un neurotransmetteur qui aide à combattre la dépression et qui engendre une sensation de bien-être. Les femmes partagent leurs sentiments alors que les rapports amicaux entre hommes tournent souvent autour de leurs activités.
 Il est très rare que ceux-ci passent un bon moment ensemble pour parler de ce qu’ils ressentent ou du déroulement de leur vie personnelle.
 Parler du boulot ? Oui. De sport ? Oui. De voitures ? Oui. De pêche, de chasse, de golf ? Oui. Mais de ce qu’ils ressentent ? Rarement.
 Les femmes font cela depuis toujours. Nous partageons – du fond de notre âme – avec nos sœurs/mères, et apparemment ceci est bon pour la santé…”
La lecture de cet article a fait écho en moi à une réflexion que j’ai entendue ce matin même. Je vous explique : Comme vous le savez tous, en cette période de confinement, nos enfants élèves se retrouvent à travailler à distance de chez eux en utilisant les outils que les écoles ont réussi ou non à mettre à leur disposition.
Les élèves du Collège Bilingue International de Haute-Savoie avaient ainsi une petite longueur d’avance, étant équipés de Chromebook depuis un an déjà pour les 5e et depuis quelques semaines pour les 6e. Ils savaient donc et savent se loguer, envoyer des devoirs à leurs professeurs, et communiquer avec ces derniers.
Aujourd’hui, ils suivent leur emploi du temps en temps réel, travaillent avec « Google Classroom », et ont leurs professeurs en visioconférence régulièrement. L’ avantage de ces visioconférences est la fonction « on » et « off » du micro. L’astuce pour que les élèves restent concentrés et attentifs est de leur demander d’éteindre leur micro lorsqu’ils doivent écouter.  Le professeur leur demande de l’activer seulement lorsque l’élève souhaite poser une question au professeur. C’est ainsi une communication à sens unique la plupart du temps, et à double-sens avec le professeur uniquement.
Étant confinée avec le Directeur du collège  j’ai pu entendre ce matin une partie du cours et une réflexion qui m’a fait sourire et qui rejoint tout à fait le message de la conférence de Stanford.
Un « bug » est survenu lors d’une visioconférence, et les élèves se sont retrouvés tous figés pour quelques secondes. Lorsque le débit d’internet a repris, les micros se sont tous activés, et les élèves ont réagi et se sont entendus, comme durant le déroulement normal d’une classe réelle. C’est alors qu’une élève fille a déclaré « Oh c’est trop bien de pouvoir se (les copains et copines) voir, s’entendre et parler ensemble ! … »
Et oui « Google classroom » est un outil de travail. Mais qu’en est-il des pauses, des récréations, des échanges en rejoignant la classe ou en préparant son cartable à la fin de la journée ? Tous ces moments où l’on peut partager ses émotions, ses sentiments au sujet d’un devoir difficile, ou d’un prof trop sympa, ou mal peigné aujourd’hui… bref  tous ces moments qui, selon le patron du Département de psychiatrie de Stanford, sont des moments qui doivent avoir lieu au risque de voir sa santé se détériorer au même titre que fumer nuit à la santé.
 «  L’orateur explique aussi que de passer du temps avec une amie est tout aussi important pour notre état général que de faire du jogging ou de faire de la gym.
 Il y a une tendance à penser que lorsque nous faisons de l’exercice nous soignons notre santé, notre corps, alors que lorsque nous passons du temps avec nos amies nous perdons du temps et que nous devrions nous acquitter de choses plus productives – ceci est faux.
 Ce professeur affirme que le fait de ne pas créer et maintenir des relations personnelles de qualité est aussi dangereux pour notre santé que de fumer ! Donc, chaque fois que vous passez du temps avec vos amies, pensez que vous faites bien, félicitez-vous de faire quelque chose de positif pour votre santé.”
Alors souhaitons que ce confinement ne s’inscrive pas dans la durée si nous voulons voir nos filles, femmes, rester en bonne santé mentale et physique. Et pensons particulièrement aux grands-mères confinées, seules, soit en Ehpad, soit chez elles…
Mais surtout souhaitons que l’humanité soit capable de surmonter cette épreuve et en tirer une leçon, leçon donnée par la Nature elle-même : lorsque l’humanité ne voit pas comment réduire son impact sur le réchauffement de la planète, naturellement un virus invisible s’installe et nous force à ne plus rouler, à fermer nos industries polluantes, à réfléchir à un autre mode de fonctionnement économique…
Portez-vous bien et donnez de vos nouvelles SVP.
Sylvie

4 Comments

Martine · 21 mars 2020 at 5 h 14 min

Merci Sylvie pour ce bel article. Oui, je suis entièrement d’accord, les rencontres entre copines sont des stimulus essentiels pour notre bien-être. Nous vous envoyons toutes nos pensées amicales et prenez soin de vous.

Kidi Bebey · 21 mars 2020 at 7 h 33 min

Merci pour vos différents posts, Sylvie et Christian, toujours “ouverts”, curieux, susceptibles de nous interroger et nous faire réfléchir. Bravo !

Mireille · 21 mars 2020 at 13 h 11 min

Tout à fait d’accord! bisou

murielle · 21 mars 2020 at 23 h 34 min

Bonjour Sylvie,
Merci pour ton article très réaliste. Ta réflexion sur la nécessité des temps de partage avec les amis est indéniable. Je fais classe avec Google Meet et Google Classroom et pendant les temps de pause, les élèves qui savent jouer d’ un instrument en font profiter les autres; ils veulent aussi rester devant l’ écran pour se parler mais je leur demande de se lever, de s’étirer, d’aller chercher un goûter. C’est difficile “de les surveiller” pendant ces temps de récré d’autant plus que j’ai moi aussi besoin d’ une pause. Il me faut rester vigilante. j’espère que vous vous portez bien et que ce confinement ne vous pèse pas trop.
A bientôt de se lire.
Murielle

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