Je reprends, avec plaisir et pour les fidèles lecteurs de notre blog – si, il y en a très peu, mais il y en a –  le fil de notre activité, profitant d’une nouvelle visite dans la cité-état-laboratoire de notre époque, et aussi bénéficiant d’un climat propice et d’une atmosphère qui encourage au travail, puisqu’on peut  à Singapour « bloguer » à 4h du matin en terrasse d’un petit café sans souffrir du froid ou de l’étonnement des locaux, habitués à une ville qui reste active 24h sur 24h, et à des concitoyens industrieux !

 Comme les photos valent mieux que les grands discours, j’en commenterai deux aujourd’hui.

La première est celle de Singapour au temps du corona virus.

Bien sûr, les pharmacies de la ville ont été pillées et plus un masque n’est disponible, en témoigne cette photo « volée » dans un bus. Pourtant la population semble désormais coupée en deux, et il en est de même pour les écrans : les nantis et les marginaux. Nantis ceux qui portent toutes sortes de masques et transforment les rues de la capitale et les transports en commun en hôpital géant. Les marginaux, ceux qui n’ont pas trouvé de masque, ou comme moi, refusent de céder à la psychose. Surtout, ils refusent un sentiment de repli sur soi, de se protéger des autres, surtout quand porter le masque n’est pas vraiment indispensable ni le geste protecteur que l’on croit.

 

La deuxième photo est aussi une devinette:

Je l’ai prise au hawker (restaurant ouvert sur la rue et bon marché) de mon quartier, elle était impossible il y a 20 ans, avant l’avènement du téléphone intelligent. Il s’agit d’une réunion ordinaire en famille. A Singapour, un ami singapourien me le confirme encore, les nouveaux appartements sont de plus en plus petits et les cuisines de simples espaces pour réchauffer des plats, pas pour cuisiner. Car se retrouver au hawker en famille est simple, bon marché et dans la culture du pays. C’est aussi un moment de partage, de convivialité.

Plus maintenant.

Devinette : sur la photo combien de personnes ne sont pas devant un écran ? Si vous répondez une ou deux, sur une dizaine, vous êtes dans le vrai, mais il vous manque des éléments : quelques minutes avant cette photo, ceux qui ne regardent pas leur smartphone maintenant étaient complètement absorbés aussi.

La bonne réponse est que la société singapourienne, les milléniums en particulier, est complètement décomplexée par rapport aux écrans. Il n’y a aucune retenue. Toutes générations confondues. C’est la fin des longues discussions en famille, des échanges bruyants comme on les voyait encore au début des années 2000.

Je n’ennuierai personne avec des considérations sur les conséquences de cette addiction collective, on en restera pour l’instant au constat. Le rapport des Singapouriens aux smartphones et ses conséquences pourraient faire l’objet d’une thèse…

CJ

Categories: Education

2 Comments

Kidi · 18 février 2020 at 7 h 04 min

Un constat sans commentaire mais qui parle de lui-même : être plus proche de ceux qui ne sont pas là mais que l’on peut rejoindre via son smartphone… plus qu’Une tendance, un véritable état d’esprit… et la disparition de la convivialité. Attention danger !

Gaël BERNARD · 24 février 2020 at 19 h 07 min

Merci Christian pour ce parfum exotique que tu partages et qui me rappelle de bons moments avec vous trois il y a plus de 10 ans. Mais bien avant, la première fois que je suis allé à Singapour, c’était il y a plus de 20 ans, quand je venais juste d’être embauché chez HP et qu’on m’avait fait comprendre qu’il me fallait visiter nos collègues un peu partout dans le monde, à commencer par l’Asie. Le téléphone portable n’existait que très peu en Europe, réservé à des professionnels de secteur bien identifiées (vente, par exemple). Un soir, mes collègues m’avaient invité au restaurant et nous étions tous attablés en cercle, comme sur cette photo. Et déjà, j’étais sur une autre planète. Tout le monde avait son téléphone portable, sauf moi, et tous parlaient à la fois à quelqu’un à table et à quelqu’un d’autre au téléphone.

Répondre à Gaël BERNARD Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *