Verger et taille

 À “La Ferme”, nous avons 19 arbres fruitiers, un petit verger de deux rangées de pommiers, poiriers, pruniers, mirabelliers, figuiers et cerisiers.

Ils sont encore très jeunes, mais nécessitent déjà quelques soins appropriés en cet hiver glacial.

Lorsqu’on évoque ces deux mots : verger et taille et qu’on se trouve être passionné par l’histoire de la Renaissance, on pense immédiatement à Jean-Baptiste de la Quintinie.

Né en 1624 en Charente, à Chabanais, cet avocat de formation, se passionne très vite pour l’horticulture après avoir découvert des jardins lors d’un voyage en Italie.

Déjà passionné par les écrits des deux agronomes, Pline et Columelle, il complète sa formation en Angleterre, où Jacques II roi d’Angleterre lui propose un office de jardinier qu’il refuse pour se consacrer aux jardins de Vaux-le-Vicomte aux côtés de Le Nôtre, Le Vau et Le Brun en 1661.

Lorsque Nicolas Fouquet, maître du château de Vaux-le-Vicomte est emprisonné par Louis XIV, Jean-Baptiste de Quintinie devient le gérant du potager du roi Louis XIV, et il est chargé de fournir la table du Roi en fruits et légumes.

En 1678, il entreprend la création d’un nouveau potager du roi qui existe encore et est classé monument historique.

La Quintinie restera célèbre pour ses méthodes développées pour acclimater les espèces fragiles (melons et figuiers), pour la culture des orangers en pleine terre avec l’invention d’une serre amovible, pour la production de fruits et légumes à contre saison au grand plaisir du roi qui se montre friand de fraises en plein hiver, pour sa technique de culture des arbres fruitiers en espaliers, et son intérêt pour la technique de greffe pour l’amélioration des plantes.

Son fils Michel fera publier à titre posthume en 1690, son traité « Instruction pour les jardins fruitiers et potagers ». Il y livre notamment ses expériences dans le domaine de la taille des arbres fruitiers.

Je ne peux m’empêcher de penser que c’est peut-être grâce à lui et à la production de son potager et de son verger, qui procurera au Roi toutes les vitamines nécessaires à une excellente santé, que le Roi Soleil a connu un aussi long règne, 72 ans !

Et pourtant dans les écoles, on parle si peu de lui, alors qu’au lieu de mentionner seulement les « 3L » (Le Nôtre, Le Brun et Le Vau) dans les manuels d’histoire, on aurait dû leur associer le nom de La Quintinie, et donc parler des « 4L » !

 

 

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